En décembre 2025, les ventes de véhicules électriques ont dépassé pour la première fois le 1/3 des ventes sur leur segment des véhicules particuliers (source PFA). Avec cette tendance qui va en s’accélèrant, la question de la recharge en copropriété est devenue un enjeu central pour les syndics, les bailleurs sociaux et les résidents.
Recharge électrique en copropriété : un enjeu devenu stratégique
Dans son parking, faut-il opter pour une IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) et privilégier une approche collective ou s’appuyer sur le droit à la prise, solution individuelle prévue par la loi ?
Ces deux approches répondent à des logiques très différentes. Voici une comparaison complète, pédagogique et opérationnelle, pensée pour vous aider à faire le bon choix pour passer dès aujourd’hui à l’électrique.

Le droit à la prise : une solution individuelle et ponctuelle
Le droit à la prise apparait en 2011 pour permettre à un résident d’installer une borne de recharge à ses frais, sans vote préalable en assemblée générale, sous certaines conditions.
Les points forts du droit à la prise
- Un droit individuel auquel la copropriété ne peut pas s’opposer sans motif sérieux.
- C’est un levier puissant pour les résidents souhaitant une solution rapide.
- Le coût est supporté uniquement par le demandeur, aucun investissement requis.
- Une solution adaptée aux pionniers qui répond aux premiers usages, lorsque le nombre de véhicules électriques est encore très limité.
Les limites du droit à la prise
- Absence de vision collective et de stratégie long terme.
- Risque réel de saturation du réseau électrique à mesure que les demandes se multiplient.
- Multiplication des câbles, compteurs et cheminements techniques.
- Inégalités entre résidents.
- Faible évolutivité et complexité croissante.
- Maintenance et responsabilités éclatées.
- Solution peu adaptée aux parkings extérieurs.

💡 Le droit à la prise est surtout une solution pertinente à titre individuel ou pour les petites copropriétés, les usages ponctuels ou comme solution transitoire avant un projet d’IRVE.
L’infrastructure de recharge pour véhicules électriques (IRVE) : une solution collective et évolutive
Les points forts de l’IRVE
- Une vision long terme pour la copropriété dès lors que l’IRVE repose sur une logique d’anticipation. Elle permet de d’équiper progressivement 10 %, puis 20%, puis 30 % et jusqu’à 100 % des places sans remettre en cause l’installation initiale. C’est une réponse structurante à la généralisation du véhicule électrique.
- Une solution évolutive car une fois l’infrastructure installée, l’ajout de nouvelles bornes est simple, rapide et sans travaux lourds sur le réseau électrique. Chaque nouvel utilisateur bénéficie d’une solution prête à l’emploi.
- Une réelle équité entre les résident puisque tous les occupants disposent du même droit d’accès à la recharge, sans avantage pour les premiers arrivés. C’est un point clé pour préserver l’équilibre et la sérénité dans la copropriété.
- En terme de sécurité, de conformité et de supervision, l’IRVE est homogène, conforme aux normes en vigueur, supervisée et maintenue de façon centralisée par un opérateur expert. Les responsabilités techniques sont clairement identifiées.
- La simplicité de gestion pour le syndic ou le bailleur est clé. Leur charge administrative et opérationnelle doit être considérablement réduit. C’est la réalité d’un projet d’IRVE avec :
- Un seul projet global
- Un interlocuteur unique
- Une maintenance mutualisée
- Un financement optimisé
- L’IRVE collective est éligible aux aides publiques Advenir et peut s’appuyer sur des modèles de tiers-financement, limitant fortement, voire supprimant, le reste à charge pour la copropriété.
- Un immeuble équipé pour la recharge électrique est plus attractif, plus moderne et mieux préparé aux évolutions réglementaires et de marché. C’est un véritable levier de valorisation patrimoniale immédiate et durable.
- Contrairement à certaines idées reçues, l’IRVE collective s’adapte aussi très bien aux parkings extérieurs, de plus en plus concernés par la recharge.
Les points de vigilance à avoir en tête pour mener à bien son projet d’IRVE
- Il nécessite une décision collective (vote en assemblée générale).
- Il demande un minimum de pédagogie et d’accompagnement.
- Il peut sembler surdimensionnée au départ, surtout avec peu de véhicules électriques… alors que c’est précisément ce qui garantit sa durabilité.

💡 L’IRVE collective est particulièrement adaptée aux copropriétés de plus de 20 places de parkings, aux bailleurs sociaux, et à tous ceux qui sont dans l’anticipation et le long terme.
Conclusion : une question de stratégie, pas seulement de borne
- Le droit à la prise répond à une urgence individuelle.
- L’IRVE collective répond à un enjeu structurel, durable et patrimonial.
Et dans un contexte de massification du véhicule électrique, la recharge ne peut plus être pensée uniquement au coup par coup. Il s’agit de faire un choix déterminant pour la transition énergétique, la valeur du patrimoine et la pérennité de ses installations.

