Bailleurs sociaux et bornes de recharge électriques

Un éclairage sur l’installation des IRVE dans les parcs de logements sociaux, enjeux de l’habitat de demain.

12 juillet 2023

Un Webinaire Logivolt pour aider les bailleurs sociaux à mieux appréhender le sujet

« Nous avons organisé ce webinaire car nous avons un devoir de pédagogie. Les problématiques sont complexes, elles font appel à des connaissances juridiques, techniques, transverses chez les bailleurs… » explique Pierre Eymard, Directeur Général de Logivolt.

Cet échange, organisé par Logivolt en présence de deux autres acteurs du secteur, l’USH (Union sociale de l’habitat) et Colombus consulting, détaille ainsi les enjeux, les solutions et les recommandations quant à l’installation de bornes de recharge dans les logements sociaux.

La recharge en immeuble collectif est un sujet nouveau, technique et perçu comme coûteux

Moins d’1 % des immeubles sont équipés d’une solution de recharge. Car la recharge en habitat partagé soulève de nombreuses questions qui freinent son développement :

Qui va supporter le coût de l’installation ? Quelle solution technique privilégier ? Comment équiper l’immeuble de façon pérenne ? Quel opérateur choisir ? Quel cadre juridique mettre en place ?…

C’est un sujet complexe, terriblement d’actualité, que les bailleurs sociaux n’ont d’autres choix que de prendre en compte, dès maintenant.

La question du coût et de la décision, deux freins pas toujours réels

L’installation de bornes de recharge en logement social collectif se heurte à deux difficultés particulières : la prise de décision et le coût du chantier.

Or, dans les immeubles de logements sociaux, le propriétaire est seul à décider (contrairement aux copropriétés), ce qui simplifie la tâche. Quant au coût de l’IRVE, des aides existent, à l’instar des solutions Logivolt, pour répondre à la demande.

« La question de la décision et la question du coût sont parfois des barrières compliquées à franchir mais c’est pour cela que Logivolt existe » explique Pierre Eymard, Directeur Général de Logivolt.

3 millions de véhicules électrique dès 2026, la demande des locataires va exploser

Le marché des véhicules électriques est en plein essor. En 2023, on comptabilise près d’un million de véhicules électriques et hybrides en circulation pour bientôt 3 millions en 2026. Avec un chiffre de 12 millions en 2036, c’est plus d’un tiers du parc automobile français qui aura opéré sa transition.

Les besoins en rechargement dans tous les habitats, individuels comme collectifs, citadins comme ruraux, vont devenir urgents.

Le contexte est favorable à l’adoption d’un VE, car l’enjeu de mobilité propre est pressant

L’électrisation du parc automobile est l’un des piliers de la mobilité décarbonée, elle-même force motrice contre le réchauffement du climat. Les mesures incitatives se multiplient pour encourager la conversion à l’électrique.

  • Le cadre réglementaire : En ce qui concerne la réglementation au sein de l’Union Européenne, il ne sera plus possible de produire des véhicules thermiques en 2035, et en 2050, ils ne seront plus autorisés à circuler.
  • Les ZFE (Zones à Faibles Émissions) : En plus du cadre légal susmentionné, les ZFE ont été adoptées par de nombreuses communes et sont entrées en vigueur le 1er janvier 2023. Elles imposent certaines restrictions, qui deviendront de plus en plus contraignantes à l’avenir. Actuellement, seuls les véhicules répondant aux critères 5 et 6 ne peuvent circuler, rejoints prochainement, par les critères 4 et 3.
  • Les incitations financières comme les subventions, les crédits d’impôts, les programmes de partage de coûts avec les employeurs… viennent renforcer l’arsenal.

Ces mesures, combinées à l’aspect pratique, économique et écologique des véhicules électriques, font que ces derniers gagnent inévitablement du terrain sur les véhicules thermiques. Et avec leur avènement, la recharge devient un élément essentiel.

Les possesseurs de VE rechargent leur véhicule chez eux, qu’ils soient propriétaires ou locataires

Le véhicule électrique a des besoins de recharge différents de ceux du véhicule thermique. Alors qu’il suffit de se rendre à une station-service pour faire le plein d’essence, les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques ont pris du retard par rapport au nombre croissant des VE (véhicules électriques).

Un problème, lorsque l’on sait que la recharge à domicile est la solution la plus prisée des utilisateurs, car plus pratique et plus économique. 90% des propriétaires de véhicules électriques se rechargent chez eux, principalement la nuit.

La moitié des Français vit en immeubles, qu’il s’agisse de copropriétés ou de logements sociaux. Il est donc essentiel de rendre la recharge possible dans les parkings d’immeubles d’habitations.

Les IRVE en logement social, sujet de préoccupation autant que d’intérêt

Selon Alban Charrier, adjoint au Directeur de la Maîtrise d’Ouvrage, en charge de l’activité réglementaire et des politiques techniques pour l’USH « … l’électromobilité est un important sujet de préoccupation autant que d’intérêt pour les bailleurs sociaux…qui sont en attente de solutions stratégiques, techniques et financières ».

Il précise que «…le déploiement des IRVE participe à la réponse du mouvement HLM aux enjeux de la décarbonation et de la lutte contre le réchauffement climatique ».

Autre acteur dans la transformation écoresponsable des bailleurs sociaux notamment, Colombus Consulting, entreprise à mission, aide ses clients à définir leur stratégie de déploiement de bornes de recharge.

Chaque projet est différent, en fonction des caractéristiques du parc immobilier, de la localisation, de l’âge des locataires, etc…

« L’enjeu étant que tous puissent avoir accès à un véhicule électrique… que le locataire puisse payer le moins cher possible l’accès à sa borne de recharge ».

Pour Colombus consulting, plusieurs défis se présentent dans le déploiement des IRVE dans l’habitat social :

  • Rendre la mobilité électrique accessible à tous
  • Proposer un coût le plus bas possible
  • Étudier les solutions techniques et financières adaptées
  • Anticiper les besoins des locataires en corrélation avec le fort développement de la mobilité électrique en France

Les bailleurs sociaux doivent prendre en compte ces éléments dans leurs opérations de rénovation énergétique, qui nécessitent déjà d’importants investissements. La mobilité électrique peut être intégrée à ces projets de réhabilitation pour contribuer à la décarbonation des transports et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’accompagnement des bailleurs sociaux par des acteurs spécialisés est crucial pour relever ces défis

L’implication d’experts tels que Logivolt, l’USH ou Colombus Consulting semble capitale pour mener à bien le projet, et s’assurer d’ une transition énergétique réussie. Ils apportent des solutions techniques et/ou de financement qui permettent de répondre à des défis complexes, notamment en ce qui concerne le financement des infrastructures nécessaires.

L’Union sociale pour l’habitat, le référent du secteur pour s’informer

Dans ce contexte, l’USH (Union sociale pour l’habitat) joue un rôle clé dans la mise en place de solutions face à ces problématiques d’éco-mobilité.

Elle représente cinq grandes fédérations regroupant plus de 600 organismes HLM, principalement des bailleurs, publics ou privés. L’USH intervient sur l’ensemble du territoire national et ultra-marins avec trois principales missions :

  • Un rôle de représentation national auprès des pouvoirs publics, des médias, du grand public, pour expliquer ce qu’est le logement social, ses fonctions, ses attentes, ses besoins.
  • Une mission de réflexion, d’analyse et d’étude sur tous les dossiers qui peuvent couvrir l’activité d’un bailleur social. Cela va de la partie technique à la partie sociale qui est le cœur de son métier.
  • Une fonction d’information, de conseil, d’assistance auprès des plus de 600 adhérents afin d’apporter des réponses à leurs questions, d’être en avance de phase pour les alerter sur les enjeux futurs.

Le processus pour équiper son parc de logements d’un parc de recharge

  1. Collecter des données : faire un état des lieux du patrimoine de l’organisme, comme le nombre parkings intérieurs, extérieurs, souterrains, aériens, pour avoir la vision totale du parc afin de répondre aux spécificités des différents parcs.
    Mener des enquêtes auprès des locataires pour établir les besoins présents et futurs. Certains vont passer plus rapidement à l’électrique comme les chauffeurs de taxi, de VTC, les infirmières libérales, les citadins…
  2. Faire une analyse des éléments collectés et les combiner à une analyse des solutions techniques et économiques : c’est effectivement un sujet autant technique que financier, avec des solutions différentes adaptées à chaque parc. Obtenir ce que cela va coûter aux locataires ? Ce que cela va coûter à l’organisme ?
  3. Synthétiser les éléments obtenus pour aller vers des recommandations pour une stratégie de recharge globale après sollicitation des potentiels interlocuteurs du projet final – par exemple entre Logivolt ou Enedis, entre tel ou tel opérateur.
  4. Lancer un dossier de consultation et sélectionner les partenaires avec qui l’organisme va travailler.

Pour ce qui concerne l’aspect technique, le choix se fait parmi différents modèles d’architecture de raccordement

Trois grandes architectures de branchements existent en habitat collectif :

  • Le raccordement en colonne horizontale, qui permet à chaque place de parking de disposer d’un compteur électrique individuel.
  • Le raccordement via la création d’un Point de Livraison (PDL) dédié et commun auquel sont raccordées toutes les bornes de recharge au travers d’un tableau électrique commun.
  • Le raccordement au PDL des services généraux mais qui sert à d’autres usages dans le bâtiment limitant le nombre de bornes de recharge. Ce n’est pas une solution pour le long terme.

Pour ce qui concerne les solutions de financement, il existe là aussi plusieurs possibilités pour soutenir le déploiement des infrastructures de recharge

  • Le financement par le bailleur lui-même, qui prend en charge l’installation de l’infrastructure collective.
  • Le coût de la borne de recharge, qui peut être assumé par le locataire, l’opérateur ou le bailleur.
  • Le financement par des opérateurs comme Logivolt qui propose un dispositif adapté aux besoins du logement collectif, social, visant à faciliter le projet dans toutes ses dimensions.

L’intérêt multiple d’une solution de financement en gestion locative

Pas de reste à charge pour les bailleurs

L’avantage majeur d’une telle solution est que le coût de l’infrastructure ne repose pas sur les bailleurs sociaux, mais sur les locataires eux-mêmes. Les locataires paient directement à l’opérateur les différents éléments de facturation, tels que la location de la borne, le paiement de l’infrastructure collective et la consommation électrique.

Ainsi, les bailleurs sociaux n’ont pas de reste à charge et les locataires bénéficient d’un coût raisonnable et équitable.

Un coût de recharge modéré selon les ressources

Logivolt s’engage à offrir des coûts de recharge abordables pour les locataires, en tenant compte de leurs ressources financières.

Par ailleurs, si des subventions locales, nationales ou départementales sont accordées ultérieurement, Logivolt est en mesure de réduire le coût final pour les locataires en intégrant ces subventions. Ainsi, le coût mensuel pour les locataires est modéré et identique pour tous, et ce, indépendamment de leur consommation électrique.

Une solution de bout en bout facilitant chaque étape du projet

Clé en main, l’intervention de Logivolt s’adapte aux contraintes spécifiques des bailleurs sociaux en lien avec des opérateurs partenaires experts qui gèrent l’installation, l’exploitation, la maintenance et la relation avec les locataires.

Logivolt parvient à proposer un dispositif de bout en bout, financièrement accessible pour les bailleurs sociaux et leurs locataires.

La mise en place du financement est structurée en quatre étapes

1

L’appel d’offre et la stratégie englobant l’ensemble du patrimoine du bailleur

Lorsque les bailleurs sociaux souhaitent bénéficier de la solution de financement de Logivolt, ils doivent tout d’abord regrouper un ensemble d’immeubles et soumettre un appel d’offres public. Cela permet de mettre en place une stratégie globale sur l’ensemble du patrimoine du bailleur, évitant ainsi une approche fragmentée immeuble par immeuble.

2

La sélection d’un opérateur spécialisé avec qui Logivolt va collaborer

Une fois l’appel d’offres lancé, les bailleurs sélectionnent un opérateur spécialisé qui sera en charge de l’installation, de l’exploitation et de la maintenance de l’infrastructure de recharge. Logivolt n’est pas directement impliqué dans l’appel d’offres, mais s’associe à l’opérateur choisi pour garantir une solution clé en main.

3

Le schéma technique et les coûts des travaux pris en charge par Logivolt

L’opérateur retenu propose un schéma technique d’installation des bornes de recharge et effectue une estimation du coût des travaux nécessaires. Ce coût est intégralement pris en charge par Logivolt, qui devient propriétaire de l’infrastructure une fois celle-ci construite.

4

Les contrats sécurisant tous les aspects du projet

Le bailleur signe un contrat de concession avec l’opérateur sélectionné, tandis que Logivolt signe un contrat d’acquisition/location avec cet opérateur.

Le déploiement d’IRVE dans un logement social nécessite une stratégie bien définie pour garantir son efficacité

  • Analyser les demandes des locataires et adopter une approche progressive en ciblant d’abord certains parkings, comme les parkings intérieurs qui sont plus faciles à équiper. Cela permet de limiter les coûts initiaux, car les parkings extérieurs peuvent nécessiter des investissements plus importants.
  • Anticiper les besoins car la gestion des installations et la communication avec les locataires demandent du temps et une organisation adéquate. Il s’agit d’un véritable projet qui nécessite une coordination efficace et une relation étroite avec les locataires. Une bonne coordination dans la mise à disposition d’une borne de recharge à domicile est un facteur déclenchant pour l’achat d’un véhicule électrique.
  • Collaborer avec les collectivités locales. Il peut y avoir des parkings extérieurs ouverts au public qui peuvent être utilisés par d’autres propriétaires de véhicules électriques. En se connectant avec la collectivité, il est possible de s’inscrire dans un projet global de déploiement de bornes de recharge, ce qui peut être bénéfique à la fois pour l’organisme social et pour faciliter la recharge des véhicules électriques dans la région.

La recharge électrique, une infrastructure indispensable pour les logements de demain

En résumé, le déploiement de bornes de recharge dans le logement social pour soutenir la mobilité électrique requiert un plan de développement réfléchi, une anticipation des demandes et des ressources nécessaires, ainsi qu’une collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés, dont les collectivités locales.

Les bailleurs sociaux doivent prendre le sujet à bras le corps, allouer les ressources nécessaires et s’engager activement dans cette transition énergétique pour répondre aux besoins des locataires, favoriser la décarbonation des moyens de transport et contribuer à l’objectif global de réduction des émissions en France.