La mobilité électrique progresse rapidement en France. Mais pour des millions d’automobilistes vivant en habitat collectif, une question reste centrale : comment installer des bornes de recharge dans une copropriété ?
Aujourd’hui, la recharge à domicile est un facteur déterminant dans l’adoption de la voiture électrique. Et dans les immeubles d’habitation, le syndic joue un rôle décisif pour initier et accompagner les projets d’infrastructure de recharge pour véhicules électriques (IRVE).
Lors de notre dernier webinaire dédié à la recharge en copropriété, plusieurs acteurs du secteur – syndic, opérateur et tiers financeur – ont partagé leur expérience pour comprendre comment les projets se concrétisent réellement et pourquoi il est urgent d’agir.
Un des enseignements du marché du véhicule électrique est qu’il dépend de la recharge, et notamment de la recharge domicile plébiscitée par les 3/4 des conducteurs de véhicules électriques.
Sa progression va inéluctablement reposer sur la progression de la recharge à domicile, et donc en habitat collectif où vivent près de la moitié des Français.
Pourquoi le sujet de la recharge apparaît de plus en plus dans les assemblées générales
Comme le décrit Stéphane Melly du Syndic Loiselet & Daigremont, dans les assemblées générales des copropriétés, la question de la recharge pour véhicules électriques est de plus en à l’ordre du jour.
Plusieurs raisons expliquent cette évolution :
- L’augmentation du nombre de véhicules électriques
- La multiplication des demandes de droit à la prise
- Les obligations réglementaires, et notamment la loi LOM qui, pour les immeubles déjà existants, impose que la question des solutions de recharge en copropriété soit inscrite à l’ordre du jour des AG annuelles
- L’anticipation des délais de raccordement au réseau électrique
La recharge devient ainsi un sujet structurel de la gestion des immeubles.
Les infrastructures de recharge : un enjeu incontournable dans l’habitat collectif
Lorsqu’un projet de borne de recharge apparaît dans une copropriété, deux solutions principales existent.

Le droit à la prise (installation individuelle)
Le droit à la prise permet à un copropriétaire d’installer sa borne de recharge à ses frais.
Avantages :
- Solution rapide pour un utilisateur
- Projet individuel
Limites :
- Installations dispersées dans le parking
- Manque de vision collective
- Difficultés d’évolution lorsque le nombre de véhicules électriques augmente
L’infrastructure collective de recharge (IRVE)
Une installation collective consiste à proposer une infrastructure mutualisée permettant à tous les résidents de se raccorder progressivement.
Ses principaux avantages
- Vision long terme pour l’immeuble
- Évolutivité
- Équité entre les résidents
- Valorisation du patrimoine immobilier
C’est pourquoi de nombreuses copropriétés privilégient désormais une solution collective adaptée à la montée en puissance du véhicule électrique et à la demande accrue des résidents.
Le financement : l’élément décisif pour voter un projet en AG

Dans les projets d’installation de bornes de recharge en copropriété, la question financière reste souvent le principal frein.
Et c’est ce qu’a parfaitement résumé Stéphane Melly en précisant que « …quand on arrive en assemblée générale et qu’on propose à tout le monde de se raccorder à coût zéro pour la copropriété, on a presque tout dit. C’est l’argument qui facilite la prise de décision. »
Le tiers-financement permet en effet :
- D’éviter un investissement pour la copropriété
- De financer l’infrastructure en amont
- De permettre aux résidents de s’équiper au moment où ils en ont besoin
Ce modèle est aujourd’hui un accélérateur majeur du déploiement des bornes de recharge en immeuble.
Le rôle du syndic dans un projet de borne de recharge
Le syndic occupe une position essentielle dans le lancement d’un projet IRVE.
Ses missions principales :
- Inscrire le sujet à l’ordre du jour de l’assemblée générale
- Informer les copropriétaires sur la réglementation et les solutions existantes
- Présenter les aides financières disponibles
- Mettre la copropriété en relation avec des opérateurs spécialisés
- Accompagner la prise de décision collective

Le syndic agit donc comme un facilitateur essentiel pour l’équipement des parkings d’immeubles.
Le rôle de l’opérateur de recharge
Une fois le projet mis sur la table, l’opérateur le prend en charge de bout en bout. Dans la mise en œuvre technique. Dans la relation avec les parties prenantes (Advenir, Logivolt, Enedis…). Dans la relation avec les demandeurs et utilisateurs de bornes. Son intervention se déroule généralement en trois étapes :
Avant l’assemblée générale
- Réunions pédagogiques avec le syndic et le conseil syndical
- Proposition d’un devis intégrant financement et subventions
Pendant l’assemblée générale
- Réponse aux questions des copropriétaires
- Sécurisation du vote

Après le vote
- Travaux d’infrastructure
- raccordement de l’infrastructure au réseau électrique (le plus long)
- Installation des bornes
- Maintenance du système
L’opérateur devient ainsi le pilote de bout en bout du projet.
Le rôle de Logivolt : financer l’infrastructure de recharge
Dans ce modèle, Logivolt intervient comme tiers financeur de l’infrastructure de recharge en copropriété.
Une fois le projet voté :
- l’opérateur transmet le dossier de financement
- Logivolt vérifie la conformité du projet
- un contrat tripartite (copropriété – opérateur – Logivolt) est signé
- les travaux peuvent démarrer
Ce modèle permet d’installer une infrastructure de recharge sans mobiliser la trésorerie de l’immeuble.

Pourquoi les copropriétés doivent anticiper leurs projets
Les prochaines années seront déterminantes pour l’équipement des immeubles en bornes de recharge.
Plusieurs facteurs incitent les copropriétés à lancer leur projet rapidement :
- Les aides Advenir disponibles jusqu’à fin 2027
- L’augmentation des délais de raccordement au réseau
- La croissance rapide du nombre de véhicules électriques
- La capacité limitée des acteurs techniques dans les années à venir
Se lancer dès aujourd’hui dans son projet d’IRVE permet d’éviter les blocages et d’accélérer l’équipement des parking. Et d’ailleurs, si hier on parlait d’anticipation, aujourd’hui on parle d’urgence.
La recharge en copropriété devient accessible
Aujourd’hui, la réussite d’un projet IRVE repose sur la coordination étroite des trois acteurs :
- Le syndic, qui initie et accompagne la décision
- L’opérateur, qui déploie la solution technique et porte la solution de financement
- Logivolt, qui finance intégralement l’infrastructure
Ce modèle a levé le principal frein, le frein financier, et il contribue aussi à faciliter l’installation de bornes de recharge dans les copropriétés. Il est à maturité, comme tous les acteurs de la recharge à domicile. Et cela tombe bien car elle est amenée à devenir une réalité pour un nombre rapidement croissant de Français vivant en habitat collectif.
