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En France, près d’un habitant d’immeuble sur deux est déjà équipé d’un véhicule rechargeable ou envisage de l’être. Pourtant, moins d’un sur cinq peut le recharger dans sa résidence. Pour comprendre ce décalage, Logivolt a confié à l’Ifop une étude de référence auprès de 2 002 résidents d’habitat collectif. Sa conclusion tient en une phrase : la recharge ne crée pas l’envie d’électrique, mais c’est elle qui permet de passer à l’acte.
Plus de 10 % des Français vivant en maison individuelle possèdent un véhicule 100 % électrique ou hybride rechargeable, contre 7 % de ceux qui vivent en appartement. L’étude, menée en avril 2026 et complétée de 17 entretiens approfondis, explique cet écart en quatre temps.
Le constat : l’électrique, un privilège de la maison individuelle ?
L’intérêt pour l’électrique est bien réel en habitat collectif. 7 % des résidents d’immeubles possèdent déjà un véhicule rechargeable et 38 % envisagent d’en acquérir un prochainement. Au total, 45 % sont équipés ou intentionnistes, et 58 % chez les moins de 35 ans.
Mais ce potentiel reste fragile. Le 100 % électrique recueille 58 % de bonnes opinions, quand l’hybride rechargeable en obtient 74 %. Le thermique demeure la référence : il est familier et associé à une liberté immédiate. Passer à l’électrique, c’est renoncer à des automatismes.
Surtout, 80 % des résidents estiment qu’un véhicule électrique est plus facile à utiliser quand on vit en maison. « J’avais des a priori en fait parce que bon j’aimais beaucoup les voitures », reconnaît Sonia, l’une des personnes interrogées.
Des freins d’abord économiques, puis liés à la recharge
Le prix d’achat arrive en tête des freins (58 %), devant l’autonomie (42 %) et la durée de vie de la batterie (36 %). Mais dès qu’on regroupe le temps de recharge, l’absence de solution à domicile, le manque de praticité des bornes publiques et le coût de la recharge, 73 % des résidents citent au moins un frein lié à la recharge.
En immeuble, toutes les interrogations finissent par la même question. Michel la formule simplement : « nous on est en immeuble, il n’y a pas de bornes dans la résidence. Donc c’est de se dire comment est-ce qu’on charge ? »

Le déclic : la recharge transforme l’intention en achat
C’est l’enseignement central de l’étude. Le coût et l’autonomie font naître ou freiner l’envie d’électrique, mais c’est l’accès à la recharge qui décide du passage à l’acte.
Si elles pouvaient disposer facilement d’une solution de recharge proche, toujours disponible et à un coût attractif, 60 % des personnes non équipées seraient incitées à acquérir un véhicule rechargeable. L’effet atteint 88 % chez celles qui y pensent déjà. Il touche aussi 41 % de celles qui n’avaient aucun projet.
La recharge avant la voiture
La question de la recharge arrive tôt dans le parcours d’achat. 53 % des intentionnistes s’interrogent sur les solutions disponibles avant même d’envisager l’achat du véhicule, et 40 % au moment de choisir le modèle. Pour 87 % d’entre eux, disposer d’une solution à domicile est important pour franchir le pas.
Alain l’a vécu : l’absence de bornes dans son quartier l’avait arrêté. Leur construction l’a remis en mouvement, parce que « ça donne envie forcément d’avancer pour l’achat d’un véhicule électrique ».
La recharge n’est pas pour autant un préalable absolu. Parmi les conducteurs déjà équipés, 64 % avaient identifié une solution avant leur achat, mais plus d’un tiers ont sauté le pas sans l’avoir sécurisée, puis se sont organisés au fil de l’usage.
La solution à domicile : la fin de la charge mentale
Aujourd’hui, en habitat collectif, la recharge repose d’abord sur le réseau public : bornes de voirie près du domicile (46 %), bornes utilisées en déplacement (45 %), parkings publics (33 %), lieu de travail (30 %). Ce réseau rend l’électrique possible. Il ne le rend pas encore simple.

La recharge publique, un besoin d’organisation permanent
68 % des conducteurs équipés jugent que la recharge reste une contrainte d’anticipation et d’organisation. Ils citent un temps de recharge trop long (35 %), des bornes trop peu nombreuses (30 %), des places occupées par des véhicules thermiques (22 %) ou des pannes (21 %). S’y ajoute la multiplication des applications, cartes et abonnements.
Les conducteurs développent alors des stratégies de vigilance.
« J’essaye de jamais aller en dessous de 20 % de ma batterie, ça me fait paniquer », confie Michel.
Chez soi, la recharge devient invisible
À domicile, la recharge cesse d’être une activité à part entière.
Oriane parle de « temps masqué » : « je range ma voiture, je la branche, je rentre chez moi, je fais à manger, je vais dormir. »
Les chiffres confirment cette expérience. La borne individuelle à domicile obtient 95 % de satisfaction, dont 61 % de très satisfaits, un niveau nettement supérieur aux autres solutions. Et 72 % de ceux qui disposent d’une solution chez eux estiment qu’elle a facilité ou accéléré leur passage à l’électrique.
La recharge à domicile renforce aussi l’avantage économique de l’électrique, notamment quand elle est programmée aux heures creuses. Les immeubles équipés jouent déjà un rôle d’accélérateur : 18 % des résidents ont une solution dans leur immeuble, mais c’est le cas de 45 % des conducteurs équipés.

La copropriété : simplifier la décision collective
La demande existe dans les immeubles. Parmi les résidents dont le parking n’est pas équipé, 46 % sont intéressés par l’installation d’une solution de recharge, et 73 % chez ceux qui envisagent un véhicule rechargeable.
« Recharger à la maison, je me dis que c’est un problème en moins », résume Yazid.
Une inertie propre à l’habitat collectif
Les obstacles sont bien identifiés : le coût d’installation (49 %), la nécessité d’obtenir l’accord de la copropriété (36 %), les contraintes techniques (34 %), le coût d’usage futur (30 %) et les craintes liées à la sécurité (25 %).
Au-delà du coût, c’est la décision collective qui fait peur. 84 % des résidents jugent ces solutions nécessaires, mais 76 % pensent qu’elles peuvent créer des désaccords et seuls 44 % les imaginent simples à mettre en place.
« Je me suis dit que ça va être une galère, il faut que je voie la copropriété », raconte Damien.
Logiquement, la première motivation citée est une installation simple, accompagnée et sans démarches complexes (48 %).
La borne, nouveau critère résidentiel
Équiper son immeuble n’est pas seulement une dépense. La présence d’une solution de recharge compte dans le choix d’un futur logement pour 77 % des conducteurs équipés et 66 % des intentionnistes. Et 31 % des résidents disposant d’un parking y voient un moyen de valoriser leur bien.
Une offre collective à souscription individuelle plébiscitée
Les dispositifs de financement restent méconnus : 37 % des résidents en ont entendu parler, et 13 % seulement savent précisément de quoi il s’agit. Pourtant, le principe d’une infrastructure collective à laquelle chaque résident peut ensuite s’abonner individuellement recueille 72 % d’avis favorables, et 89 % chez les intentionnistes.
Ce modèle répond à une attente forte : préparer l’immeuble à l’électrification du parc sans imposer de coût ni d’engagement à la copropriété.
« J’ai juste à me dire je vais être raccordé et je paye. Donc oui, c’est beaucoup plus simple », résume Michel.
C’est précisément l’approche de Logivolt : [2 à 3 phrases sur le fonctionnement, qui finance l’infrastructure collective et ce que paie le résident qui s’abonne]. L’étude le souligne : pour convaincre, la transparence sur le financement et la facturation est indispensable.

En résumé : équiper les immeubles pour enclencher le cercle vertueux
La recharge n’est pas le moteur initial de l’achat d’un véhicule électrique, mais elle en est le levier de conversion final. En habitat collectif, déployer les infrastructures en amont permet de rendre l’électrique envisageable, de rassurer les futurs acquéreurs et d’enclencher un cercle vertueux entre équipement des immeubles et adoption des véhicules.
Le signal est déjà là : un tiers des résidents n’envisagent pas de passer à l’électrique, mais soutiennent le principe d’une offre de recharge collective dans leur immeuble.
Les résultats présentés par Frédéric Dabi
Méthodologie
Étude Ifop pour Logivolt, réalisée en ligne du 7 au 13 avril 2026 auprès d’un échantillon de 2 002 personnes représentatif des Français de 18 ans et plus résidant en habitat collectif (méthode des quotas). Volet qualitatif : 17 entretiens d’une heure avec des propriétaires de véhicules électriques, avec ou sans borne à domicile, et des futurs acquéreurs.
Téléchargez l’étude IFOP – Logivolt en vous rendant ici
